
Éducation, pas prohibition : Naviguer dans le débat sur le THC dérivé du chanvre
La volonté d'interdire les produits de THC dérivés du chanvre a suscité un débat, les experts plaidant pour l'éducation plutôt que la prohibition afin d'assurer la sécurité des consommateurs et la stabilité du marché
Key Points
- 1L'initiative fédérale visant à interdire les produits de THC dérivés du chanvre suscite des inquiétudes dans l'industrie
- 2La loi agricole de 2018 a créé des lacunes réglementaires pour les produits intoxicants dérivés du chanvre
- 3Les experts plaident pour l'éducation et un étiquetage transparent plutôt que pour la prohibition
- 4Une interdiction potentielle pourrait éliminer des emplois et réduire les revenus fiscaux des États
- 5L'accent réglementaire devrait équilibrer la sécurité des consommateurs avec la croissance de l'industrie
Le récent mouvement législatif visant à interdire ou à limiter sévèrement les produits de THC dérivés du chanvre aux États-Unis a suscité un débat significatif au sein de l'industrie du cannabis. L'inclusion d'un langage dans un projet de loi de financement signé par l'ancien président Donald Trump a rendu illégaux de nombreux produits cannabinoïdes dérivés du chanvre, y compris le delta-8 THC et le THCA, après une période de grâce d'un an. Cette décision a soulevé des inquiétudes quant à l'impact négatif potentiel sur l'économie et la sécurité des consommateurs. Les critiques soutiennent que, bien que l'intention de protéger la santé publique soit louable, une interdiction générale pourrait avoir des conséquences désastreuses, poussant le marché dans l'illégalité et éliminant des emplois
La loi agricole de 2018, qui a légalisé le chanvre, a involontairement créé une lacune réglementaire qui a permis aux produits intoxicants dérivés du chanvre de prospérer avec un minimum de supervision. Ces produits, souvent vendus dans des magasins de tabac et des stations-service, manquent des réglementations strictes appliquées à la marijuana régulée par l'État, soulevant des inquiétudes quant à leur attrait pour les jeunes et à l'adéquation de leur emballage et de leur marketing. L'interdiction proposée devrait anéantir jusqu'à 95 % du marché existant des cannabinoïdes dérivés du chanvre aux États-Unis, éliminer plus de 300 000 emplois et coûter aux États plus de 1,5 milliard de dollars en revenus fiscaux. Cela a conduit à des appels en faveur d'une approche réglementaire plus nuancée plutôt qu'une interdiction totale
Les experts de l'industrie soulignent l'importance de l'éducation plutôt que de la prohibition. Le Dr Magnus Thorsson, professeur d'études sur le cannabis et fondateur de Canna Curious Wellness, plaide pour une approche axée sur l'éducation afin de s'aligner sur les objectifs de santé publique et les modèles commerciaux durables. Il soutient que de nombreux consommateurs recherchent le cannabis pour le bien-être et le soulagement, mais sont souvent confus par des étiquettes et une terminologie complexes. En fournissant des informations transparentes et en langage clair, les consommateurs peuvent faire des choix éclairés, réduisant ainsi la probabilité de surconsommation et de dépendance à des sources illicites
Le paysage réglementaire pour le THC dérivé du chanvre est complexe, avec des implications significatives pour le marché et les consommateurs. Une interdiction pourrait faire basculer la demande vers des marchés non régulés, augmentant les risques associés aux produits non testés et mal étiquetés. Au lieu de cela, les experts suggèrent que la réglementation devrait se concentrer sur la différenciation des niveaux de produits, l'établissement de limites de puissance et l'assurance d'un emballage résistant aux enfants et d'un marketing véridique. Cela permettrait aux consommateurs d'accéder à une gamme de produits en toute sécurité, tout en encourageant l'innovation dans les options à faible THC
Dans des États comme le Texas, où les cannabinoïdes dérivés du chanvre ont prospéré, l'impact d'une interdiction serait particulièrement sévère. Le gouverneur Greg Abbott a opposé son veto à un projet de loi qui aurait interdit les produits de chanvre infusés de THC, soulignant la nécessité de réglementation plutôt que de prohibition. Cette approche soutient la création d'emplois et maintient les revenus fiscaux au sein de l'État, tout en construisant un marché régulé robuste capable de rivaliser avec les alternatives illicites. La capacité de l'industrie à fournir une éducation transparente aux consommateurs et à concevoir des produits de manière responsable est cruciale pour façonner les décisions réglementaires futures
L'appel à un changement de la prohibition vers l'éducation gagne du terrain parmi les acteurs de l'industrie. En intégrant la littératie des consommateurs et la catégorisation des produits basée sur les effets dans l'expérience de vente au détail, le marché du cannabis peut renforcer sa crédibilité et réduire les réactions réglementaires. Des programmes comme le modèle "Experience Framework", testé dans le Rhode Island, visent à catégoriser les produits par expérience prévue plutôt que par variété ou contenu en THC seul. Cette approche non seulement éduque les consommateurs, mais favorise également la confiance et les affaires répétées, ouvrant la voie à un marché du cannabis durable
En fin de compte, le débat sur les produits de THC dérivés du chanvre souligne la nécessité d'une réglementation intelligente qui équilibre la sécurité des consommateurs avec la croissance de l'industrie. Alors que les régulateurs expriment leur inquiétude face aux dynamiques actuelles du marché, l'industrie doit se mobiliser pour fournir des solutions qui priorisent l'éducation et la transparence. Ce faisant, le marché du cannabis peut s'assurer qu'il reste une option viable et de confiance pour les consommateurs, tout en soutenant la croissance économique et l'innovation