
L'Organisation mondiale de la santé reconnaît le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde avec un nouveau code de diagnostic
L'Organisation mondiale de la santé a officiellement reconnu le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde (CHS) avec un nouveau code de diagnostic, soulignant la nécessité d'un meilleur suivi et d'une meilleure compréhension de la condition
Key Points
- 1Le CHS a désormais un code de diagnostic de l'OMS, améliorant le suivi et la recherche
- 2Une étude montre que les cas de CHS ont augmenté pendant la pandémie de COVID-19
- 3Les nouveaux traitements pour le CHS incluent l'halopéridol et la capsaïcine topique
- 4La reconnaissance du CHS souligne la nécessité d'éducation et de réduction des risques
- 5Comprendre le CHS est vital à mesure que l'utilisation du cannabis devient plus répandue
Le syndrome d'hyperémèse cannabinoïde (CHS) a pris le devant de la scène dans le domaine de la santé publique suite à la décision de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de reconnaître officiellement cette condition avec son propre code de diagnostic. Cette reconnaissance, associée à une étude complète publiée dans JAMA Network Open, met en lumière une préoccupation croissante concernant le syndrome, qui provoque paradoxalement des nausées et des vomissements chez les utilisateurs de cannabis. La décision de l'OMS constitue un pas en avant significatif, permettant un suivi et une compréhension plus précis du CHS à l'échelle mondiale
L'étude menée par l'Université de l'Illinois, qui a analysé plus de 188 millions de visites aux urgences entre 2016 et 2022, a révélé une augmentation notable des cas de CHS pendant la pandémie de COVID-19. Les données ont montré que les cas de CHS ont grimpé de 4,4 par 100 000 visites à un sommet de 33,1 au deuxième trimestre de 2020, se stabilisant ensuite à 22,3 d'ici la fin de 2022. Cette tendance suggère que des facteurs tels qu'une utilisation accrue du cannabis pendant la pandémie ont pu contribuer à la hausse des cas de CHS
Avec la décision de l'OMS d'attribuer au CHS son propre code de diagnostic, R11.16, à compter du 1er octobre 2025, les prestataires de soins de santé peuvent désormais identifier et suivre cette condition de manière plus précise. Beatriz Carlini de UW Medicine a souligné l'importance de ce développement, notant qu'il aide à réduire les erreurs de diagnostic et les visites inutiles aux urgences. Le nouveau code facilitera un meilleur suivi épidémiologique et le financement de la recherche, comblant une lacune de longue date dans les systèmes de santé
L'augmentation des cas de CHS a suscité des discussions sur les causes et les mécanismes potentiels derrière le syndrome. Les recherches actuelles suggèrent qu'une combinaison d'utilisation chronique de cannabis, de produits à forte teneur en THC et de susceptibilité individuelle peut perturber les fonctions corporelles telles que la régulation des récepteurs CB1 et la thermorégulation hypothalamique. Malgré la réputation du cannabis pour soulager les nausées, ces facteurs peuvent entraîner des réactions indésirables chez certains utilisateurs, remettant en question les idées préconçues sur les effets de la plante
La communauté médicale répond au CHS avec des méthodes de traitement alternatives, car les médicaments anti-nauséeux traditionnels s'avèrent souvent inefficaces. Certains médecins utilisent désormais des médicaments comme l'halopéridol ou la capsaïcine topique, qui activent les voies de détection de la chaleur, offrant un soulagement similaire à celui des douches chaudes. Le Dr Chris Buresh de UW Medicine souligne la nécessité d'une formation clinique continue pour mieux reconnaître et gérer le CHS, soulignant l'importance d'adapter les pratiques médicales aux tendances émergentes en matière de santé
Alors que l'utilisation légale et médicale du cannabis devient plus répandue, l'émergence du CHS souligne la nécessité d'une éducation renforcée et de stratégies de réduction des risques. Plutôt que de stigmatiser les utilisateurs de cannabis, ce développement présente une opportunité de promouvoir des pratiques de consommation plus informées et plus sûres. Comprendre la réponse du corps au cannabis et identifier quand l'équilibre se déplace est crucial pour favoriser des relations plus saines avec la plante
En regardant vers l'avenir, la reconnaissance du CHS par l'OMS marque un moment charnière dans les soins de santé liés au cannabis. Cela ouvre la voie à des recherches plus ciblées et à une amélioration des soins aux patients, pouvant mener à de nouvelles perspectives sur les effets du cannabis sur le corps. Alors que la communauté médicale continue d'explorer le CHS, l'accent reste mis sur l'équilibre entre les avantages du cannabis et les risques potentiels, garantissant que les utilisateurs puissent prendre des décisions éclairées concernant leur santé