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Le système pénitentiaire espagnol reflète les disparités socioéconomiques et les défis de la politique en matière de drogues
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Le système pénitentiaire espagnol reflète les disparités socioéconomiques et les défis de la politique en matière de drogues

Le système pénitentiaire espagnol met en lumière les disparités socioéconomiques, les infractions liées aux drogues contribuant de manière significative aux taux d'incarcération élevés, soulevant des questions sur les politiques actuelles en matière de drogues

Key Points

  • 1La population carcérale espagnole est principalement composée d'individus marginalisés
  • 2Les crimes contre les biens et liés aux drogues représentent la majorité des incarcérations
  • 3Les grands trafiquants de drogue échappent souvent à l'emprisonnement
  • 4Les infractions liées au cannabis contribuent de manière significative aux taux d'incarcération
  • 5Le taux d'incarcération en Espagne est élevé malgré un faible taux de criminalité

Le système pénitentiaire espagnol sert de reflet frappant des inégalités sociales, la population incarcérée étant principalement composée d'individus marginalisés. Selon les dernières données de la Secretaría General de Instituciones Penitenciarias, il y a actuellement 63 436 détenus en Espagne, dont une part importante est constituée de ressortissants étrangers. Le profil démographique de ces prisonniers met en évidence un schéma troublant : ce sont principalement des hommes dans la fin de la trentaine, souvent issus de milieux défavorisés, avec une éducation limitée et une forte prévalence de problèmes de santé mentale. Les infractions menant à l'incarcération en Espagne tournent largement autour des crimes contre les biens et des activités liées aux drogues. Des statistiques récentes indiquent que 38 % des détenus sont incarcérés pour des crimes contre les biens, tels que le vol, tandis que 23 % le sont pour des infractions liées aux drogues. Cette tendance est encore plus prononcée parmi les prisonnières, près de 39 % purgant une peine pour trafic de drogue, contre 21,5 % de leurs homologues masculins. Ces chiffres soulignent l'impact des facteurs socioéconomiques et de la dépendance aux drogues sur les taux d'incarcération

Jorge Ollero, expert juridique de la Federación Andaluza ENLACE, souligne que ceux qui finissent en prison sont souvent les membres les plus vulnérables de la société. Il décrit un cycle où de jeunes individus issus de quartiers défavorisés tombent dans la consommation de drogues, commettant de petits crimes pour soutenir leurs habitudes, ce qui aboutit à des peines de prison prolongées. Ollero note qu'une majorité significative de prisonniers, estimée entre 70 % et 80 %, lutte contre la dépendance aux drogues, mettant en lumière une intersection critique entre la politique en matière de drogues et l'incarcération. Malgré la prévalence des incarcérations liées aux drogues, les grands trafiquants de drogue échappent souvent à l'emprisonnement. Emilio, un vétéran de la sécurité pénitentiaire, souligne que les grands trafiquants font rarement face à la justice, car ils possèdent les ressources pour éviter la détection et la poursuite. Iñaki Subijana, président de l'Audiencia Provincial de Guipúzcoa, explique que les efforts des forces de l'ordre sont davantage concentrés sur les délinquants de bas niveau en raison des contraintes de ressources, laissant les opérations plus sophistiquées largement non contestées

Les infractions liées au cannabis contribuent de manière significative aux taux d'incarcération en Espagne. En 2012, les dérivés du cannabis représentaient 90 % des arrestations liées aux drogues, et la majorité des saisies de drogues impliquent du haschisch et de la marijuana. Cette focalisation sur le cannabis a conduit à un nombre disproportionné de prisonniers purgant une peine pour des infractions liées au cannabis. L'avocat Rafael Ramos souligne les défis juridiques persistants auxquels font face les cultivateurs de cannabis, notant que même ceux qui cultivent pour un usage personnel peuvent faire face à des sanctions sévères. Le taux d'incarcération en Espagne est remarquablement élevé par rapport à son taux de criminalité, qui est inférieur à la moyenne européenne. Juan Muñoz, professeur de droit pénal, attribue cela au système juridique punitif de l'Espagne, qui impose des peines plus longues et manque d'alternatives efficaces à l'incarcération. Cette disparité soulève des questions sur l'efficacité des politiques actuelles en matière de drogues et les avantages potentiels des réformes réglementaires. Le débat se poursuit sur la question de savoir si la dépénalisation pourrait alléger le fardeau du système pénitentiaire et s'attaquer aux causes profondes de la criminalité

Les conditions au sein des prisons espagnoles compliquent encore la situation, avec des rapports de violations des droits de l'homme et un accès inadéquat aux programmes de réhabilitation. La Coordinadora para la Prevención y Denuncia de la Tortura a documenté de nombreuses plaintes en 2014, y compris des décès inexpliqués. Alors que les discussions sur la politique en matière de drogues et la réforme pénitentiaire avancent, ces questions demeurent centrales pour comprendre et aborder les implications plus larges du système pénal espagnol

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